jeudi 15 octobre 2026 - 12:28
Azerbaïdjan : le hijab interdit à l’école, des filles privées de cours

Hawzah/En Azerbaïdjan, l’interdiction du hijab dans les établissements scolaires prend une ampleur croissante. Des enseignantes et des élèves voilées se voient refuser l’accès aux écoles. Des images diffusées sur les réseaux sociaux, montrant des enseignantes en larmes et des élèves contraintes d’attendre à l’extérieur de leurs établissements, ont remis au cœur du débat la liberté de conviction et le droit à l’éducation.

Azerbaïdjan (A.P.Hawzah) – La question du hijab en Azerbaïdjan est devenue une crise grandissante au sein des établissements scolaires. Des enseignantes et des élèves portant le voile se sont vu interdire l’accès à leur école. Des vidéos diffusées en ligne montrent des jeunes filles contraintes d’attendre à l’extérieur des établissements, ainsi que des enseignantes qui, les larmes aux yeux, font leurs adieux à leurs élèves.

Ces événements ont relancé le débat sur la liberté de conviction et le droit à l’éducation. Nombreux sont ceux qui estiment que le règlement vestimentaire scolaire ne devrait pas servir de prétexte pour priver les filles de leur scolarité.

Le 21 septembre dernier, le gouvernement azerbaïdjanais a adopté des modifications aux règles relatives à la tenue vestimentaire dans les écoles. Les autorités présentent cette mesure comme un moyen de renforcer le caractère laïque de l’enseignement public. Ces règles interdisent tout ajout à l’uniforme scolaire, ainsi que les vêtements incompatibles avec l’uniforme commun ou considérés par les autorités comme contraires au principe de laïcité de l’enseignement.

Ces modifications font suite à un décret pris en juillet dernier par le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev, portant sur la mise en place d’un uniforme commun dans les écoles publiques. Toutefois, son application dans un pays dont la majorité de la population est musulmane a ravivé le débat sur les limites imposées à la tenue vestimentaire scolaire et sur leur compatibilité avec la liberté de porter le hijab.

Larmes et privations

Les larmes des enseignantes et des élèves n’étaient pas de simples manifestations d’émotion lors d’adieux passagers : ces scènes révélaient la profondeur de la crise au sein des établissements scolaires. Des jeunes filles et des enseignantes portant le hijab se sont vu refuser l’entrée dans les écoles. Cette situation a suscité des protestations et de vives réactions, remettant au premier plan les questions de liberté de conviction et de droit à l’éducation.

Une enseignante azerbaïdjanaise a raconté qu’on lui avait demandé d’enlever son foulard, avant qu’elle ne fasse ses adieux à ses élèves, les yeux remplis de larmes. Elle a affirmé que le hijab ne l’empêchait nullement d’accomplir ses obligations professionnelles. Elle a également réaffirmé sa détermination à défendre ses droits et celui des enfants à l’éducation, sans renoncer à ses principes religieux.

Les conséquences de cette confrontation ne se sont pas limitées aux enseignantes. Des utilisateurs des réseaux sociaux ont signalé que des élèves portant le hijab s’étaient vu refuser l’accès à leur école. Des vidéos et des photographies publiées par des militants montrent des jeunes filles attendant à l’extérieur des murs de leur établissement ou dans sa cour, après avoir été empêchées d’assister aux cours en raison de leur voile.

Des protestations dans les écoles

À mesure que la controverse prenait de l’ampleur, des élèves de plusieurs établissements ont manifesté leur solidarité avec leurs camarades et leurs enseignantes privées d’accès à l’école en raison de leur couvre-chef. Certaines ont scandé des slogans réclamant la liberté de porter le hijab.

Des militants ont également diffusé des images et des vidéos d’élèves voilées, exprimant leur indignation face à une situation dans laquelle le port d’un vêtement religieux devient, selon eux, un motif pour priver des filles de leur droit à l’éducation.

Certaines publications sur les réseaux sociaux faisaient état d’un délai accordé aux élèves jusqu’au début de la semaine pour décider si elles conserveraient ou non leur hijab. D’autres évoquaient des pressions exercées sur elles, notamment des avertissements selon lesquels le maintien de leur voile pourrait compromettre leur avenir scolaire.

L’information selon laquelle la mère d’une personne tuée pendant la guerre du Haut-Karabakh se serait vu refuser l’entrée dans une école en raison de son hijab a également suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux.

La controverse autour du hijab et de la liberté de conviction

Dans ce contexte, les critiques se sont multipliées sur les réseaux sociaux à l’égard de ce que les militants qualifient de « restriction de la liberté de conviction en Azerbaïdjan ». Ils ont demandé que les raisons de l’interdiction du hijab dans les établissements scolaires soient clairement exposées et que le droit des élèves et des enseignantes à pratiquer leur religion soit garanti, sans qu’elles aient à subir de rejet ni à être privées d’éducation.

Certains blogueurs ont estimé que le port du hijab ne devait pas servir de prétexte pour empêcher les filles de poursuivre leur scolarité. Ils ont souligné que le droit à l’éducation ne devait pas entrer en conflit avec la liberté de conviction et que les règlements scolaires ne devaient pas devenir un instrument d’exclusion des élèves en raison de leurs choix religieux.

La controverse s’est également étendue au rôle des organisations œuvrant pour les droits des femmes. Des internautes se sont interrogés sur leur position face à l’interdiction faite aux femmes et aux jeunes filles voilées d’accéder aux établissements scolaires. Selon eux, la défense des droits des femmes et de leur liberté de choix devrait également inclure celles qui ont choisi de porter le hijab de leur plein gré.

Parallèlement à l’intensification du débat, des utilisateurs ont signalé un ralentissement de la connexion Internet en Azerbaïdjan, notamment sur des plateformes telles qu’Instagram, TikTok et d’autres applications permettant le partage de vidéos.

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